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L'Alsace
Cité pour la première fois au VIIème
siècle, on ne connait pas vraiment l'origine du nom de
cette région. Il pourrait avoir une origine germanique
(Alis-lauti-sat : établissement en pays étranger),
celtique (Alis-atia : région au pied de la montagne) ou
provenir d'une déformation des mots Ell (Ill) Sass (habitant
en allemand ancien).
Les Romains qui ont occupé la plaine d'Alsace
ont été remplacés par les Alamans après
les Grandes Invasions dès le IVème siècle.
Les Alamans imposent leur langue et transforment la ville romaine
d'Argentoratum en Stratebourg ou ville des routes.
Après les invasions des Huns et des Barbares
destructeurs qui ont suivi les Alamans, les Mérovingiens
réorganisent la région avec l'aide de l'Eglise.
En 842, les Serments de Strasbourg rédigés en tudesque
(vieil allemand) et en roman (ancêtre du français)
sont la base de la division de l'Europe de Charlemagne. L'Alsace
fera partie du Saint Empire Romain Germanique à partir
du IXème siècle et jusqu'à son rattachement
à la France en 1648.
A partir du XIIème siècle, l'artisanat
et le commerce se développent, des paysans quittent leurs
campagnes, les villes sont en expansion et Strasbourg se libére
de la tutelle de son évêque et acquiert en 1262 le
titre de "ville libre". Colmar, Sélestat et Obernai
s'entourent de murs.
En 1354, les villes de Munster, Turckheim, Kaysersberg,
Sélestat, Obernai, Rosheim, Wissembourg, Haguenau, Colmar
et Mulhouse s'unissent pour former une ligue, la Décapole,
qui se place sous la protection impériale, mais qui est
malgré tout indépendante. La région subit
diverses calamités comme les invasions des troupes pendant
la guerre de Cent Ans, une épidémie
de peste noire en 1349 et des guerres féodales perpétuelles.
A Strasbourg, à partir de 1519, et grâce
à Gutenberg, les presses de l'imprimerie permettent
d'éditer les ouvrages de Luther. Dès la fin du XVème
siècle, on ose s'attaquer aux vices de la société
et du clergé en particulier. La Réforme se propage.
Dans les campagnes, la révolte gronde chez les les paysans
qui espèrent une amélioration de leur condition.
Des bandes armées se forment et une guerre sanglante se termine
en 1525 par le massacre de 18.000 paysans.
En 1555, la paix d'Augsbourg permet de fixer la
répartition géographique des religions catholique
et réformée: on choisit la religion du seigneur
de la terre que l'on habite.
De 1618 à 1648, l'Alsace devient un champ
de bataille pour les armées de la guerre de Trente Ans
qui pillent et massacrent la population. La région perd
plus de la moitié de ses habitants. En 1648, l'Alsace,
morcelée en de nombreux territoires seigneuriaux, devient
française par le traité de Westphalie, tout en gardant
de nombreuses originalités dans ses institutions et ses
traditions. La révocation de l'Edit de Nantes n'a pas été
appliquée et l'usage du français n'a pas été
imposé, alors que la langue écrite de la majorité
des Alsaciens était l'Allemand. Le français est
cependant devenu la langue officielle, et la religion catholique
la seule reconnue, mais les catholiques majoritaires cohabitent
avec les protestants luthériens ou réformés,
qui ont tous leurs paroisses.
La capitulation de Strasbourg a lieu en 1681 et
marque son rattachement à la France, tout en préservant
ses privilèges en matière de gouvernement municipal
et de religion. Le traité de Ryswick en 1697 entérine
l'annexion de l'Alsace à la France.
A la Révolution, lorsque le peuple apprend
la prise de la Bastille, il saccage entiérement l'Hôtel
de Ville de Strasbourg le 21 juillet 1789. Les départements
du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont créés en 1790.
La Révolution place l'Alsace sous les mêmes lois
que toute la France, bouleversant les habitudes et les mentalités.
Mulhouse qui faisait partie de la confédération helvétique
s'est associée à la France en 1798.
Lors de l'épopée Napoléonienne,
l'Alsace est un grand pourvoyeur d'hommes, de généraux
(Kellermann, Kléber, Rapp, Lefèvre...) et de subsistances
aux armées. Après 1815 et
une occupation par les alliés, la région subit une
grave crise économique. La bourgeoisie d'affaires modernise
et adapte l'économie, l'essor industriel sort l'Alsace
de la récession en 1850.
Après la défaite de 1870 et jusqu'à
1918, l'Alsace, à l'exception de la région qui deviendra
plus tard le Territoire de Belfort, est annexée par les
Allemands. Elle redevient "Terre d'Empire" et acquiert
un régime particulier dans beaucoup de domaines. Elle est
restituée à la France à la fin de la première
guerre mondiale, et reste française jusqu'à son
rattachement au IIIème Reich en 1940. Son retour à
la France interviendra avec sa libération, le 20 mars 1945.
La Lorraine
Quand Jules César arrive en Gaule, les
tribus Trévires, Médiomatriques et Leuques occupent
le terriroire lorrain ; les Triboques et les Rauraques occupent
le territoire alsacien.
A la fin du 5ème siècle, près
l'invasion des barbares, les Francs et les Alamans cohabitent
en Lorraine avec les Gallo-Romains. Une frontière linguistique,
qui subsistera jusqu'à nos jours, partage dès cette
époque la Lorraine entre les Germains, qui seront majoritaires
dans le nord de la région, et les Gallo-Romains dans le
sud.
L'origine des noms de lieux
Origine celtique : terminaison en
'dunum' (Verdunum=Verdun)
Origine romaine : terminaison en 'acus', 'acum' transformé
en 'y' (Floracium=Fleury ; Commerciacum=Commercy)
Origine franque : terminaison en 'curtis' (Murici Curtis=
Mirecourt)
Origine germanique : terminaison en 'ing' ou 'ingen' parfois
devenus 'ange' ou 'ache' ; terminaison en 'dorf', 'strof' ou 'heim'
La Lorraine fait partie du Royaume d'Austrasie
qui englobe les régions appelées aujourd'hui Belgique,
Hollande, Champagne, Rhénanie et Alsace. Ce royaume se
trouve au coeur de l'Empire de Charlemagne, il tombe dans l'héritage
de Lothaire Ier, puis devient la Lotharingie en 855 en devenant
le royaume de Lothaire II.
En 959, ce territoire est scindé en deux
parties: le duché de Basse Lorraine qui s'étend
de la mer du Nord au Luxembourg, et le duché de Haute Lorraine
qui correspond à peu près au territoire de la future
Lorraine, y compris le pays de Trèves. Les villes des Trois-Evêchés
- Metz, Toul et Verdun - sont exclues du partage. Le Comté
de Bar est constitué et il est donné au duc de Haute
Lorraine.
A partir de 1047 avec Gérard d'Alsace,
la dynastie qui s'installe fournira des souverains au duché
de Lorraine pendant plus de trois siècles.
Création en 1301 sur la rive gauche de
la Meuse, du Barrois mouvant sous tutelle du Roi de France.
En 1354, le Comté de Bar est érigé en Duché.
René II, Comte de Vaudémont s'oppose
à Charles le Téméraire qui meurt devant Nancy
en 1477.
Metz et certains seigneurs de la Lorraine allemande
sont favorables à la Réforme, mais le luthéranisme
et le calvinisme ne réalisent dans le duché que
des conquêtes limitées. Antoine, fils de René
II, favorise la Contre-Réforme. Il écrase le soulèvement
des paysans à Saverne en 1525. En 1552, la France occupe
les villes de Metz, Toul et Verdun et met fin à l'indépendance
des Trois-Evêchés.
Après 1630, la population de Lorraine est
décimée par la guerre et la peste. En 1648, les
Trois-Evêchés - Metz, Toul et Verdun - sont intégrés
au royaume de France.
En 1670, le duché est occupé par
les troupes françaises. Le traité de Ryswick, signé
en 1697, rend la Lorraine au duc Léopold Ier qui doit céder
Longwy et Dillingen.
En 1766, à la mort de Stanislas Leszczynski,
beau-père du roi de France Louis XV, la Lorraine est rattachée
à la France. Trois seigneuries appartenant à des
familles allemandes constituent des enclaves étrangères:
l'abbaye de Senones appartient aux Princes de Salm, le Comté
de Dabo aux Leiningen, et Drulingen aux Comtes de Nassau-Sarrebrück.
En 1790, division de la Lorraine en 4 départements:
la Meurthe, la Meuse, la Moselle et les Vosges. Les enclaves étrangères
sont annexées en 1793.
En 1815, la Lorraine céde Sarrelouis et
Sarrebrück à la Prusse.
En 1871 après la défaite française,
annexion par l'Allemagne de presque toute la Moselle et d'une
partie de la Meurthe. Aux termes du traité de Franckfort,
les Lorrains peuvent opter pour la nationalité française
et quitter les territoires annexés avant le 31 octobre
1872. A Metz, 20 % de la population quittera la ville.
Entre 1914 et 1918, la première guerre
mondiale dévaste les régions agricoles de Verdun
et Pont-à-Mousson, mais épargne les industries.
La Moselle redevient française à la fin de la guerre.
De 1940 à 1944, la Moselle est à
nouveau annexée par l'Allemagne. Plus de 100.000 francophones
sont expulsés.
L'Alsace-Lorraine (1871-1918)
L'Alsace et une partie de la Lorraine deviendront
allemandes après la capitulation française de
1870. La partie de la Lorraine annexée
avec l'Alsace par l'Empire allemand est constituée par
l'actuel département de la Moselle. Ce n'est qu' à
partir du traité de Francfort (10 mai 1871) qui divise
la Lorraine que l'on parlera de la "Terre Impériale"
d' Alsace-Lorraine (Reichsland Elsaß-Lothringen).
Le 10 mai 1871, le traité de Francfort
confirme donc l'annexion de l'Alsace-Lorraine par les Allemands
et donne aux Alsaciens-Lorrains jusqu'au 31 octobre 1872 pour
se prononcer en faveur de leur citoyenneté française
et quitter le pays. Passé ce délai, ils deviendront
des Allemands. Environ 159.000 Alsaciens-Lorrains ont alors opté
pour la nationalité française. Ils sont plus de
50.000 à abandonner leur maison et leurs amis. Mais nombreux
sont ceux qui sont restés et qui protesteront contre leur
incorporation sans leur consentement à l'Empire allemand.
La nouvelle province devenue allemande est divisée
administrativement en trois régions: la Lorraine (Lothringen),
la Haute-Alsace (Oberelsasz) et la Basse-Alsace (Unterelsasz).
Ces trois régions deviendront respectivement les départements
de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin à leur restitution
à la France en 1918. Le rattachement de l'Alsace-Lorraine
à l'Empire allemand donnera à cette région
des institutions empruntées au système allemand,
conservées du système français, ou souvent
nouvelles. Le droit local, auquel les Alsaciens sont très
attachés et qui concerne des domaines aussi variés
que le notariat, le régime foncier, les assurances sociales,
les cultes et l'enseignement primaire, la chasse, le régime
des tutelles, les associations, sera conservé lors du retour
à la France après 1918, et même après
1945.
Pendant la première guerre mondiale, environ
250.000 Alsaciens-Lorrains seront mobilisés dans l'armée
allemande, mais 17.000 engagés volontaires rejoindront
les troupes françaises et seront ensuite suivis par de
nombreux déserteurs. Après novembre 1918, le retour
à la France ne se passe pas sans difficultés: expulsion
d'environ 110.000 habitants d'origine ou partiellement d'origine
allemande, maladresses de l'administration qui exacerbent les
passions autonomistes.
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